Cette exposition intitulée LIG TO TYO emprunte au jargon aéroportuaire des lettres qui appellent au voyage.
À LImoGes à l’espace Noriac, Nao.k, photographe expérimenté, habitué des voyages, et I.wil.travel, son ami, amateur de découvertes culturelles, vous feront atterrir à TokYO, pour un séjour au Japon en quelques clichés accompagnés d’un narratif sensoriel.
Le voyage de deux amis au Japon en 2014 qui s'étaient jurés d’en écrire une histoire : l’un avec son appareil photo, l’autre avec sa plume.
Tokyo, le Mont Fuji, Kyoto, Nara, Osaka, Hiroshima, Miyajima. Le parcours est classique mais les rencontres le sont beaucoup moins : hébergés par un ami japonais à Tokyo où Hiro originaire de Yokohama leur sert de guide, accueillis par une famille à Kyoto, ou accompagnés par un jeune Mongol sur les pentes du Mont Fuji…
La découverte du Japon va s'apparenter à un exercice introspectif très fort. Extrême modernité dans les rues de Tokyo ou d'Osaka, traditions à Nara ou Kyoto. Histoire tragique incarnée par Hiroshima, la photo du mémorial symbolise le travail de Nao.k : magnifier l’instant et rester en retrait.
Le voyage de deux amis au Japon en 2014 qui s'étaient jurés d’en écrire une histoire : l’un avec son appareil photo, l’autre avec sa plume.
Tokyo, le Mont Fuji, Kyoto, Nara, Osaka, Hiroshima, Miyajima. Le parcours est classique mais les rencontres le sont beaucoup moins : hébergés par un ami japonais à Tokyo où Hiro originaire de Yokohama leur sert de guide, accueillis par une famille à Kyoto, ou accompagnés par un jeune Mongol sur les pentes du Mont Fuji…
La découverte du Japon va s'apparenter à un exercice introspectif très fort. Extrême modernité dans les rues de Tokyo ou d'Osaka, traditions à Nara ou Kyoto. Histoire tragique incarnée par Hiroshima, la photo du mémorial symbolise le travail de Nao.k : magnifier l’instant et rester en retrait.
« La boulimie d'émotions que nous a procuré ce voyage, nous la partageons à travers ces clichés saisissants. Le texte qui les accompagne appuie cette expérience inoubliable partagée avec nos hôtes, au gré de nos rencontres, dans un pays où le temps ne s'écoule décidément pas comme ailleurs. »
« Nous avons toujours connu cet endroit, couvert de plafonds vétustes et habité par le bruit des engins de transport résonnant sous les structures en tôle.
L'odeur du poisson est inscrite dans nos gènes. Il paraît que notre marché est le plus grand au monde, pourtant nous nous sentons chez nous, maîtrisons les moindres recoins et rouages du métier.
Les poissons les plus insolites frétillent encore dans les cargaisons venues des mers environnantes du pacifique. Le fameux fugu, star locale, se vend à prix d'or...
Venez déguster d'inoubliables sushis et sashimis dans les petites échoppes qui bordent le marché. Les chefs d'orchestre en cuisine jouent le ballet incessant de la découpe de saumons et d'anguilles pour le plaisir des yeux et des papilles. »
Les entrailles de ce gigantesque marché ont définitivement fermé le 6 octobre 2018.
Marchands de Tsukiji
« L'apprentissage de mon art dure une vie entière. Une vie entière à répéter des gestes séculaires. Des gestes précis.
Des rituels qui irriguent l’identité de l’archipel, partout, sur chaque île, dans les campagnes, au cœur de Tokyo. Havres de sérénité et prises de recul, le shinto traverse les époques, berceau du Japon, métissé par le bouddhisme, il perdure depuis des siècles. »
Je suis prêtre shinto, au sein du sanctuaire sacré Meiji-Jingu. Isolé dans le poumon vert de Tokyo, je n’entends pas le vacarme de la mégapole.
Ma présence accompagne la vie des Japonais : naissances, mariages, parcours de vies, drames, joies.
Le rythme effréné des citadins offre peu de répit. Pas de place aux pauses ni aux errements.
Mes cérémonies sont un refuge.
La force des esprits guide mes hôtes.
Meiji-Jingu, temple Shinto, Shybuya
“Dites-moi qu'elle vous saoule, moi elle m'enivre. Affrontez cette fourmilière, moi je la vis. Soyez apeurés, déboussolés par la foule de Shibuya, moi elle me murmure sa respiration.
Jugez sa démesure, son égo, sa folie, moi, je ne jure que par sa beauté.
Je suis né à Tokyo. Dans cette ville fascinante où la vie ne s’arrête jamais : ville monde, âmes pressées aux pas infinis.
La cadence militaire des feux de trafic offre au spectateur que je suis un ballet unique. Chaque jour, des millions de danseurs entrent en piste.
Passants et voitures alternent dans un miraculeux enchevêtrement.
Je regarde les touristes étonnés par ce désordre orchestré que Shibuya impose… "
Takeshi KITANO
« Je suis là tous les matins, somnambule conscient. Les horaires, les trajets, les odeurs imprimés en moi. Invisible dans cette cathédrale souterraine, j'erre comme un automate jusqu'au quai désigné.
Invisible dans l'œil des passants, je prends vie dans l'objectif d'un photographe. Cette rencontre ne dure qu'un instant. Pourtant, le croisement de nos regards me perturbe toute la journée.
Qui est-il ?
M'a-t-il suivi ?
Que fera-t-il du reste de sa journée ?
Je rentrerai dans ce train, je redeviendrai invisible.
Je quitterai cette gare, isolé parmi plus de 3 millions de passagers. Je quitterai Shinjuku, la gare la plus fréquentée au monde. »
Tokyoïte de la gare de Shinjuku
« Mon costume gris me suit jusqu’au comptoir d’un izakaya enfumé de Tokyo, L’ambiance du bar me délivre d’une journée passée à satisfaire l’entreprise.
Le train, le métro et la rue coulent dans mes veines, je suis salary man.
Dévoué à mon patron, fidèle à la firme, saké et sashimis m’aident à oublier cette routine infernale.
Ce moment nocturne fait partie des traditions. Accompagné d’un collègue, je prolonge la journée qui n’en finit pas.
Je traverse avec malice la soirée où de rares étrangers viennent se perdre, entourés d'une jeunesse japonaise insouciante.
Comme hier et demain, j’oublierai le sommeil et le repos que je ne m’octroie pas. »
Salary man rencontré dans un izakaya de Shibuya
« Une lumière dans la ville, invisible et feutrée. Perdu dans l’immensité du ciel de Tokyo, je regarde l’horizon à la silhouette phallique.
Vertige des dégustations de whiskies, flou alcoolique, lustres et buildings renvoient des faisceaux instables. Cette nuit embaumée aux vapeurs du Taketsuru me plonge éveillé dans un songe irréel.
Je suis à 10 000 km de chez moi, loin de mes repères. Perdu dans les abîmes de la nuit japonaise, je ne veux plus redescendre. Le ciel est là, proche, psychédélique.
Paradoxale cité, bruyante et agitée, le rooftop s’ouvre sur une ville qui s’endort.
Le petit matin m'enveloppe de sa fraîcheur fugace avant que mes yeux ne se ferment.
Ai-je rêvé ou ai-je navigué au milieu de soucoupes lumineuses ?
Cette incertitude me suit.
Cette incertitude me plait. »
Shybuya
« Chaque jour qui passe déverse son flot de passants agglutinés à mes fenêtres...
Des visages tour à tour émerveillés, angoissés, rêveurs ou paniqués finissent toujours par prendre le ticket pour les airs.
L'horizon a ici pour visage une mer de gratte-ciels.
Le tumulte et la chaleur de Tokyo se dissipent à mesure que l'ascenseur propulse mes hôtes à toute allure vers un panorama à couper le souffle.
J'ai été construite en 2003 et je trône fièrement sur Roppongi Hills, quartier moderne et futuriste de la mégapole.
Je me demande ce qui pousse tous ces voyageurs et Tokyoïtes à gravir mes étages ? La splendeur du panorama est paraît-elle inégalée, les hommes viennent certainement chercher repos et quiétude. Les voitures à leurs pieds semblent silencieuses, la baie de Tokyo au loin paisible. »
Tokyo encore une fois m'étonne...
Roppongi Hills
« Je me souviens de ma grand-mère caressant ma joue, implorant le ciel pour que ses enfants ne connaissent jamais l’horreur de la terre brûlée.
Je me souviens du chant du coq, me rappelant chaque matin que la vie est belle et précieuse.
Je sais aujourd’hui que les peuples ne gagneront jamais à se haïr, que la poussière humaine ne séchera jamais les larmes des enfants meurtris par la folie des Hommes.
Cette terre désolée est un héritage lourd à porter mais j’ai la force de rêver que son sort sera à jamais protégé. Le pardon et l’espoir sont en moi, ce terrible passé, je le regarde sans haine mais en souvenir de mon peuple. »
Ce peuple se nomme Hiroshima, ce passé s’est figé un matin
d’août 1945…
Petite Japonaise au mémorial de la paix – Hiroshima
« Je suis dans un stade de baseball, au coeur du tumulte et de l'enjeu. Je ne suis pas à New-York.
Les groupes de fans chantent en rythme. Les hot-dogs et les sodas se vendent par centaines. Le spectacle est permanent. Je ne suis pas à San Francisco.
Partout les couleurs et le bruit font battre mon coeur. Le vacarme a quelque chose de singulier. »
Si ce jeu est une invention Yankee, la ferveur disciplinée du public, le sourire de cette vendeuse dépayseraient un supporter des Mets.
Si ce jeu est une invention Yankee, le Japon en a recréé l'atmosphère. L'ordre et l'esprit d'équipe sont des valeurs nippones, mises à disposition de cette tradition américaine.
Match de baseball des Hanshin Tigers, Osaka
« Je trône fièrement, les jambes ancrées dans cette baie idyllique, contraste saisissant avec le tumulte des faubourgs d’Hiroshima. Témoin du passé ravagé par l’histoire contemporaine, j’incarne la frontière avec le Japon spirituel et ancestral. Ma force protège les âmes visitant mon sanctuaire.
Comprendre mon histoire, c’est admettre l'évidence, l’éternel de ma silhouette veille sur mon île.
Passants, touristes, habitués, pèlerins et travailleurs, gardez en tête que seule la beauté de notre passage sur terre offrira un héritage précieux pour nos enfants.
Miyajima éternelle, Hiroshima cicatrisée, je suis le pont entre tragédie et espérance. »
Torii devant le sanctuaire d’Itsukushima
île de Miyajima
Le berceau du Japon s'inscrit à Nara, la jeunesse du pays n'oublie pas que je fus Cité Impériale. Les influences chinoises et bouddhistes apparaissent au détour des rues, sur les façades des temples, au sein d'échoppes où ramens et sushis cohabitent.
Ma jeunesse en est le témoin vivant. Cosmopolite et multiculturelle, Nara rappelle aux esprits étriqués que le Japon n'est pas aveugle aux influences exogènes au pays du soleil levant.
Ma jeunesse le sait, ma jeunesse affronte, avec sa fougue innée, les esprits recroquevillés qui voudraient replier sur lui-même un peuple tourné vers l'avenir et la paix.
Une sortie scolaire dans un temple de Nara
Photo @ I.Wil.Travel
« Nous sommes les gardiennes de ces lieux. Des ruelles sinueuses et escarpées, nous surgissons d'un passé discret. Égéries malgré nous, nous incarnons les traditions. Gion, quartier pittoresque de Kyoto, accueille notre beauté depuis les temps ancestraux. »
Se perdre sur la voie des temples bouddhistes est une aventure en soi. Mais, en cours de chemin, "tomber" littéralement sur 4 Geiko et saisir l'improbable rencontre procure une sensation exaltante !
Le temps semble figé un court instant, je suis emporté par cette scène hors des temps.
Je mettrais plusieurs jours à me remettre de ce moment.
Geishas du quartier de Gion, Kyoto
Photographie : Nao.k
Textes : I.Wil.Travel
Juin 2014
Merci.
à Audrey. Cloé & Vora. nos compagnons de voyage,
à Hiro. Rintaro et sa famille nos hôtes et guides à Tokyo,
à Mamie et Papi nos hôtes à Kyoto. et cette soirée mémorable. À Aurélie pour son énergie et son aide précieuse à organiser
et rendre visible l'exposition.
à nos parents pour leur soutien.
à mes enfants.
au Conseil Départemental de la Haute-Vienne de nous avoir accueillis.
à Audrey. Cloé & Vora. nos compagnons de voyage,
à Hiro. Rintaro et sa famille nos hôtes et guides à Tokyo,
à Mamie et Papi nos hôtes à Kyoto. et cette soirée mémorable. À Aurélie pour son énergie et son aide précieuse à organiser
et rendre visible l'exposition.
à nos parents pour leur soutien.
à mes enfants.
au Conseil Départemental de la Haute-Vienne de nous avoir accueillis.
Familles. je t'aime tant.